THÈMES CLÉS, MONTRÉAL
Les thèmes présentés ci‑dessous sont issus d’une première analyse par comparaison constante des entretiens que nous avons menés auprès de membres d’initiatives et d’organisations d’éducation supplémentaire des communautés noires (IESCN) à Montréal.
Ils représentent les principaux thèmes ayant émergé de l’ensemble des entretiens. Chaque thème est décliné en sous‑thèmes qui en précisent les différentes dimensions. Cliquez sur chacun d’eux pour en savoir davantage.
Vous pouvez en apprendre davantage sur les participants mentionnés sur ces pages ici.
Financement gouvernemental préjudiciable
Les participants ont décrit le financement gouvernemental comme nécessaire mais restrictif, soulignant que les structures de subventions compétitives et l’évolution des priorités politiques amenaient souvent les IESCN à réorienter leurs priorités et à rivaliser plutôt qu’à collaborer
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Les participants ont décrit les structures de subventions compétitives comme favorisant la fragmentation plutôt que la collaboration entre les organisations communautaires Noires.
Les ressources financières limitées plaçaient les organisations en concurrence les unes avec les autres, compromettant l’élaboration de stratégies collectives et contribuant à la méfiance, aux tensions et à l’affaiblissement de la solidarité au sein de la communauté. (Claude, Malachi, Monica)
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Les participants ont indiqué que l’évolution des priorités politiques et les indicateurs imposés par les bailleurs de fonds étaient fréquemment en décalage avec les besoins communautaires définis par les IESCN. Les cadres de reddition de comptes gouvernementaux et les pratiques d’évaluation privilégiaient souvent des résultats politiques au détriment de programmes culturellement ancrés et adaptés aux besoins des communautés, limitant ainsi l’autonomie organisationnelle.(Godfrey, Malachi, Monica, Nirva, Wilma)
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Les participants ont décrit une pression à diluer les mandats explicitement centrés sur les communautés Noires afin d’obtenir ou de maintenir du financement. Les organisations élargissaient souvent leurs publics cibles, reconfiguraient leur identité publique ou présentaient leurs programmes comme universellement inclusifs, ce qui reflète les contraintes structurelles qui rendent plus difficile le financement d’initiatives explicitement destinées aux communautés Noires.(Giselle, Monica, Nirva, Yodi)
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Malgré ces contraintes, certains participants ont décrit des efforts stratégiques visant à préserver l’intégrité organisationnelle, notamment par un engagement sélectif dans les sources de financement, des modèles hybrides de bénévolat, ou encore des processus de planification délibérés. Ces approches témoignent d’une volonté d’articuler les impératifs de survie financière avec des priorités définies par la communauté et le principe d’autodétermination.(Claude, Frank C., Giselle, Monica)
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Les participants ont constamment établi un lien entre les modèles de financement par projet et la dérive de la mission, soulignant que les organisations adaptaient fréquemment leurs programmes afin de répondre aux critères des subventions plutôt qu’à leurs objectifs initiaux en matière de défense des droits ou de changement des politiques publiques.Ce glissement a contribué à la dépolitisation des enjeux éducatifs et à la réduction de critiques structurelles plus larges en interventions individualisées de soutien scolaire.(Godfrey, Malachi, Monica)
Dynamiques de genre au sein du travail des IESCN
Les participants ont dépeint des dynamiques de genre au sein des organisations de IESCN. Alors que les hommes occupaient souvent des rôles officels de direction ou des positions dites d’autorité et de prise de décision, les femmes étaient fréquemment présentées comme le pilier des organisations, assurant la pérennité des programmes et accomplissant une grande partie du travail quotidien essentiel à leur fonctionnement. Parallèlement, les femmes qui accédaient à des postes à responsabilité, faisaient entendre leurx voix, remettaient en question l’autorité ou adoptaient des positions affirmées faisaient parfois face à des critiques ou étaient perçues comme agressives, ce qui pouvait décourager leur participation aux postes décisionnels et influencer les dynamiques de genre au sein des IESCN.
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Les patrticipants suggèrent que l'importance que portaient certains responsables masculins sur l'exercise du pouvoir éclipsait parfois le travail collectif nécessaire à la pérennité des organisations IESCN (Giselle, Grace, Maureen)
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Les participants ont à plusieurs reprises décrit les femmes comme étant au cœur du fonctionnement des organisations de BCSE, assumant une grande partie du travail qui permettait aux programmes et aux structures de fonctionner.(Fred, Giselle, Godfrey, Ivyn, Judith, Maureen, Monica)
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Les participants ont indiqué que, bien que les femmes contribuent de manière significative au travail des IESCN, leurs rôles demeuraient souvent moins visibles et insuffisemment reconnus de manière officielle.(Grace, Godfrey, Winston)
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Les participants ont indiqué que d’éventuelles conséquences sur le plan professionnel ou réputationnel décourageaient parfois les femmes de prendre la parole ou d’occuper des rôles de direction visibles.(Atheline, Judith, Maureen)
Travail non rémunéré
Les participants ont souligné la quantité extrèment importante de travail bénévole, non rémunéré, comme une composante habituelle de leur engagement au sein des IESCN, incluant notamment la création d’organismes, le lancement de programmes, l’organisation d’interventions, la collecte de fonds et le tutorat. Ce travail, généralement réalisé en plus de leurs emplois rémunérés (à la fois à l’extérieur et au sein même des IESCN), s’avère essentiel à la création mais aussi au maintien des organisations. Les participants associent ses heures non-rémunérées à leur engagement auprès de leur communauté, mais aussi au sous-financement chronique de leur travail; une caractéristique structurelle des IESCN. Ce travail impliquait également la prise en charge de certaines dépenses à même leurs fonds personnels. Bien que l’ensemble des membres des BCSE participent au bénévolat, plusieurs participants indiquent que des attentes genrées structurent cette charge de travail non rémunérée, de sorte qu’elle repose davantage sur les femmes Noires.
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Les participants décrivent le travail bénévole non rémunéré comme une composante essentielle du travail des IESCN et des efforts éducatifs visant à soutenir les élèves Noirs en général. Ils se décrivent, ainsi que d’autres acteurs, comme accomplissant ce travail par engagement et par souci de répondre aux besoins de leurs communautés, des jeunes, des enfants et des familles. Plusieurs participants mentionnent que leurs organismes communautaires ont d’abord reposé entièrement sur le bénévolat et que, même après l’obtention de financements provenant de sources diverses, leur pérennité demeurait fortement tributaire de ce travail bénévole (Bradley, Fred, Giselle, Godfrey, Ivyn, Judith, Malachi, Marco, Winston). Néanmoins, un des avantages de cette dimension bénévole réside dans le fait qu’elle favorisait des formes de leadership collaboratif, parfois reflétées dans les pratiques des bénévoles devenus par la suite des responsables rémunérés de ces IESCN (Giselle).
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Les récits de nombreux participants suggèrent l’existence d’un lien direct entre l’ampleur du travail bénévole non rémunéré impliqué dans les activités des BCSE et leur sous-financement chronique. Les participants évoquent la rédaction minutieuse et soignée de demandes de subvention, tout en étant malgré tout contraints de réduire leurs budgets de manière déraisonnable. Étant donné que plusieurs postes budgétaires comportent des coûts fixes, ces exigences se traduisaient généralement par des compressions dans les lignes liées à l’embauche et aux salaires. Afin de permettre la poursuite de leur travail jugé essentiel, les manques à gagner devaient être compensés soit par d’importantes quantités de travail non rémunéré, soit par une contribution financière personnelle des participants, ces derniers étant souvent réticents à rendre leurs services coûteux pour les membres de la communauté. (Giselle, Ivyn, Judith, Malachi, Nirva). Dans certains cas, les bailleurs de fonds eux-mêmes exigeaient du travail bénévole de la part des participants aux programmes (par exemple, lors d’événements de financement organisés par ces bailleurs) (Judith).
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Dans de nombreux cas, les exigences en matière de travail non rémunéré pesaient de manière disproportionnée sur les femmes, dont le travail, bien que décrit comme essentiel à la survie des organisations, demeurait moins reconnu que celui des hommes occupant des positions de direction. La dimension genrée de ce travail non rémunéré s’inscrivait largement dans les attentes sociétales liées aux rôles supposemment attendus d'une femmes et d'une mère. Les femmes étaient souvent les premières à percevoir et à prendre en charge les besoins concrets des enfants et des jeunes Noirs. Par ailleurs, même lorsqu’elles occupaient des postes rémunérés au sein des IESCN, elles se voyaient confier des tâches supplémentaires qui n’étaient pas attendues des hommes occupant des fonctions comparables (Giselle, Godfrey, Judith).
Collaboration limitée entre les organisations Noires anglophones et francophones
Les participants ont décrit la langue comme un facteur déterminant dans les relations entre les IESCN francophones et les IESCN anglophones à Montréal. Bien que certaines tentatives de collaboration entre les communautés anglophones et francophones aient été entreprises, elles ont souvent été limitées ou infructueuses. Les différences linguistiques, culturelles, organisationnelles ainsi que les trajectoires historiques distinctes rendaient les intérêts de chacun difficiles à concilier, compliquant la mise en place d’une collaboration durable.
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Les participants ont fréquemment souligné que, malgré certaines tentatives de collaboration, aucune IESCN à Montréal n’est parvenue à établir un travail durable à travers les différents segments linguistiques de la communauté Noire. Ces difficultés prennent racine dans l’organisation linguistique de la ville, de la province ainsi que de leurs systèmes éducatifs. Cette absence de partenariats durables a renforcé des formes d’organisation parallèles plutôt que des dynamiques de coalition, et a contribué à la formation d’espaces sociaux et organisationnels distincts, limitant ainsi les possibilités de stratégies communes ou d’initiatives conjointes (Fred, Giselle, Maureen, Marco, Nirva, Winston).
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Les participants ont évoqué certaines tentatives de collaboration interlinguistique : certains participants francophones ont mentionné des collaborations avec des IESCN anglophones, tandis que des membres des premières IESCN à Montréal, majoritairement anglophones, ont décrit des efforts visant à établir des liens avec les communautés francophones (Djakomo, Fred, Grace, Marco, Winston).
Marginalisation scolaire fondée sur la langue
Les participants ont décrit comment les différences linguistiques et les préjugés des enseignants conduisaient le système éducatif montréalais à classer de manière disproportionnée des élèves Noirs comme ayant des difficultés d’apprentissage et à les orienter vers des classes d’adaptation scolaire. Les éducateurs des BCSE reconnaissent que ces situations reflètent des barrières systémiques plutôt que les capacités des élèves, et s'interopsaient directement pour contester ces injustices.
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Les participants ont expliqué que la méconnaissance, chez les enseignants, des façons de parler caribéennes — accents, usages linguistiques et référents culturels — combinée à un manque de sensibilité aux réalités migratoires et à la période d’adaptation liée à l’installation dans un nouveau milieu, les amenait à porter des jugements erronés sur les capacités des élèves et leur performance scolaire. Cette situation touchait des élèves anglophones, francophones et créolophones originaires des Caraïbes. (Atheline, Frank C., Grace, Nirva, Tony, Winston, Yannick, Yodi)
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Les participants ont décrit les éducateurs des IESCN comme intervenant activement lorsque des élèves Noirs étaient mal orientés ou sous-estimés dans le système scolaire en raison de barrières linguistiques. Plutôt que d’accepter ces supposés troubles déficitaires et/ou faibles capacités des élèves, les éducateurs des IESCN travaillent directement avec eux. En parallèle, ils interviennent également au sein des établissements scolaires pour défendre les intérêts des élèves. Leurs actions consistent souvent, simplement, à maintenir des attentes élevées envers ces élèves et à leur proposer des contenus exigeants. Combiné à des approches pédagogiques novatrices et à des formes de soutien supplémentaires conçues pour répondre à leurs réalités spécifiques, cela a permis aux élèves de réussir et même d’exceller sur le plan scolaire. Plusieurs élèves devenus par la suite performants sont d’ailleurs revenus témoigner de l’impact positif que ces initiatives ont eu sur leur parcours.
Actions stratégiques pour le leadership éducatif des communautés Noires
Les participants ont décrit comment les communautés Noires de Montréal se sont mobilisées activement pour favoriser l’embauche, la promotion et le placement d’éducateurs Noirs au sein du système scolaire, tout en ayant fait face à des résistances de la part des structures institutionnelles. Les membres de la communauté et les organisations ont exercé des pressions pour accroître la présence d’enseignants, d’administrateurs et de leaders Noirs dans les écoles afin de soutenir les élèves Noirs, d’influencer les décisions politiques et de s’attaquer aux obstacles systémiques qui limitaient les possibilités d’avancement des éducateurs Noirs.
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Les participants ont expliqué que, malgré leurs qualifications, les éducateurs Noirs se sont heurtés à des résistances institutionnelles lorsqu’ils cherchaient à obtenir une promotion, si bien qu’un travail de revendication soutenu a souvent été nécessaire pour leur permettre d’accéder à des postes de direction. Malgré cela, lorsque des difficultés ont surgi dans les écoles concernant des enfants ou des jeunes Noirs, ou encore dans les relations avec les communautés Noires, des membres non blancs de l’administration scolaire ont souvent sollicité l’appui d’éducateurs Noirs pour aider à régler la situation. (Bradley, Tony, Winston)
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Les participants ont décrit comment des organisations des communautés Noires ont mis en place des actions coordonnées afin d’accroître l’embauche d’éducateurs Noirs, en réponse à leur mise à l’écart systémique dans les processus de recrutement. (Atheline, Bradley, Tony). Ils ont également expliqué que les communautés Noires et les IESCN ont entrepris des démarches ciblées pour assurer la présence d’administrateurs et de leaders Noirs dans les écoles fréquentées par des élèves Noirs, afin de mieux répondre à leurs besoins. (Bradley, Marco, Wilma, Winston)
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Les participants ont souligné que les éducateurs Noirs ont été essentiels, non seulement pour soutenir les élèves, mais aussi pour influencer les politiques et les processus décisionnels au sein du système éducatif. (Atheline, Bradley, Marco, Wilma)
Mobilisation et engagement des parents Noirs
Les participants ont décrit le rôle central joué par la mobilisation, la présence et l’engagement des parents Noirs dans la réussite scolaire des élèves Noirs. Alors que certains parents se sont activement impliqués en défendant les intérêts de leurs enfants et en participant aux activités scolaires, les participants ont également souligné que de nombreux parents ne comprenaient pas toujours le fonctionnement du système éducatif ni comment utiliser ce système de manière éclairée. En réponse, des organisations communautaires et des éducateurs ont travaillé à mobiliser, informer et impliquer les parents Noirs afin qu’ils puissent mieux soutenir leurs enfants et agir sur le milieu scolaire.
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Les participants ont décrit comment certains parents, en particulier des mères, ont joué un rôle actif dans le soutien aux élèves et dans l’organisation d’activités communautaires favorisant l’entraide, l’encouragement et le soutien éducatif. (Bradley, Giselle, Godfrey, Lloyd, Marco, Maureen, Tony) Les participants ont également souligné l’importance de la participation des parents aux instances de gouvernance scolaire et aux processus décisionnels afin de veiller à ce que les besoins des élèves Noirs soient représentés. (Lloyd, Marco)
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Les participants ont indiqué que certains parents avaient une connaissance limitée du fonctionnement du système éducatif, ce qui a limitait leur capacité à s’impliquer et à défendre efficacement les intérêts de leurs enfants sans accompagnement ni soutien. (Malachi, Marco, Tony, Yannick)
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Les participants ont indiqué que les IESCN ont souvent assumé des rôles de défense des intérêts que certains parents ne pouvaient pas endosser en raison d’une connaissance limitée du système. Les IESCN ont également formé les parents afin qu’ils puissent jouer ces rôles plus efficacement. Les participants ont égalment décrit les initiatives communautaires et les efforts organisationnels visant cet objectif. (Lloyd, Marco, Tony)
Inclusion communautaire au-delà des clivages de classe
Les participants ont expliqué comment les IESCN ont déployé des efforts délibérés afin de rendre leurs programmes et services accessibles aux membres de la communauté, indépendamment de leur situation socioéconomique. Ces organisations ont cherché à éviter toute catégorisation de personnes selon leur classe sociale ou leur vulnérabilité, et se sont efforcées de créer des espaces favorisant la cohésion, l’entraide et le développement collectif entre les divers groupes sociaux et économiques au sein de la communauté Noire.
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Certains participants ont souligné que les philosophies politiques auxquelles adhéraient de nombreux membres des IESCN les incitaient à déployer des efforts visant à dépasser les divisions de classe. En évoquant la question de la classe sociale, certains participants ont indiqué que leurs IESCN abordaient leur travail à travers une perspective marxiste. (Giselle, Lloyd, Yannick)
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Les participants ont décrit comment certaines organisations communautaires cherchaient volontairement à dépasser les clivages de classe afin de favoriser l’unité et le soutien collectif au sein de la communauté Noire. Ils ont expliqué que ces organisations évitaient d’étiqueter les participants comme pauvres ou vulnérables, de manière délibérée, afin de préserver un accès inclusif et digne aux services. (Giselle, Maureen, Yodi)
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Les participants ont laissé entendre que de nombreuses IESCN s’inscrivaient dans un ethos communautaire privilégiant l’aide à toute personne dans le besoin, plutôt que sur la limitation des services à des groupes socioéconomiques particuliers. Ils ont indiqué que ces organisations cherchaient à traiter leurs membres d'égal à égal et à créer des espaces inclusifs accueillant des personnes issues de milieux socioéconomiques et professionnels divers. (Claude, Giselle, Maureen, Yodi)
Identité Culturelle et Enseignement de l’Histoire Noire
Les participants ont expliqué que les écoles étaient largement hostiles aux élèves Noirs et que les programmes scolaires demeuraient restreints, excluant le plus souvent les expériences et réalités Noires. Dès lors, les IESCN ont offert des espaces plus accuiellants et bienveillants, propices à l’apprentissage scolaire, et ont élargi la portée de leur action éducative au-delà du simple soutien académique. En effet, les IESCN ont transmis l’histoire, l’héritage et l’identité Noirs, et ont proposé une formation fondée sur des référents culturels et politiquement pertinente, qui accordait une place centrale à la conscience historique, aux savoirs culturels, au sentiment d’appartenance et à la fierté chez les jeunes Noirs.
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Les participants ont rapportés que les programmes scolaires classiques accordaient une place limitée et souvent superficielle à l’histoire Noire, la cantonnant fréquemment au Mois de l’histoire des Noirs et à des récits étroits. (Bradley, Giselle, Godfrey, Malachi, Maureen, Monica, Nirva, Yodi)
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Les participants ont décrit comment les IESCN cherchaient à créer des environnements où les jeunes Noirs pouvaient apprendre sans jugement et discuter ouvertement d’enjeux sociaux et communautaires. Ces espaces étaient décrits comme des milieux bienveillants, empreints de chaleur humaine et de sollicitude, où les élèves étaient suffisamment en confiance pour s’exprimer librement et participer à des échanges sur les réalités et les enjeux de leur quotidien. (Godfrey, Judith, Monica)
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Les participants ont indiqué que les IESCN allaient au-delà du simple soutien scolaire. Elles cherchaient à combler les lacunes des programmes d’enseignement ainsi qu’à remédier à l’exclusion des personnes Noires des curricula et du récit historique. Elles offraient également aux élèves une meilleure compréhension de leurs identités culturelles, tout en cultivant un sentiment de communauté et de « fierté ». (Giselle, Grace, Ivyn, Lloyd, Marco, Wilma, Yodi)
Exode hors du Québec
Les participants ont décrit comment le contexte politique et linguistique du Québec a engendré des situations d'exclusion et des opportunités restreintes pour la communauté Noire, et a alimenté un mouvement migratoire des personnes Noires de Montréal et du Québec vers d’autres provinces, notamment l’Ontario. Ces personnes percevaient davantage d'opportunités et de meilleures perspectives d’intégration dans les autres provinces. Le déclin de la population Noire au Québec a eu des répercussions sur le travail et les programmes des IESCN.
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Les participants ont établi un lien entre les mutations politiques et linguistiques du Québec et l’émergence d’un climat de plus en plus antinoir, qui touchait particulièrement, sans s’y limiter, les communautés Noires anglophones. Cette situation amenait des membres de Montréal ainsi que des jeunes Noirs à envisager leur avenir à l’extérieur du Québec. Certains participants ont décrit d’autres villes, particulièrement Toronto, comme des espaces où les personnes Noires éprouvaient un plus fort sentiment d’appartenance. (Djakomo, Godfrey, Marco, Ivyn)
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Les participants ont expliqué que le départ de membres anglophones de la communauté Noire a affaibli l’organisation et la mobilisation communautaires Noires. Ils ont également indiqué que ce mouvement a influencé les programmes offerts par les IESCN en raison de la diminution du nombre d’élèves Noirs parmi leur clientèle et de l’évolution des besoins éducatifs des élèves Noirs. (Djakomo, Fred, Ivyn)
How to cite: Howard, P. S. S., Lewis, L. D., Tecle, S., Lawson, E. S. & Saney, I. (2025). Thèmes Clés, Montréal. Documenting and understanding Black Community Supplementary Educational Initiatives in Canada (Research Project Website)
Comment citer: Howard, P. S. S., Lewis, L. D., Tecle, S., Lawson, E. S. et Saney, I. (2025). [Thèmes clés, montréal ]. Documenter et comprendre les initiatives d’éducation supplémentaire des communautés noires au Canada (Site Web du projet de recherche)